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BIC OCTOBRE : EVITONS LE DIALOGUE DES SOURDS !

jeudi 28 novembre 2019, par webmaster

EVITONS LE DIALOGUE DES SOURDS !

Haïti est à un nouveau tournant dans sa longue et pénible marche vers une société juste et égalitaire. La crise actuelle, caractérisée par une remise en question fondamentale de l’utilité et du rôle de nos dirigeants, de nos institutions et finalement de notre gouvernance, a ébranlé les bases du statu quo. De nouvelles propositions pour une réforme en profondeur et un changement de société émergent par douzaine dans l’espoir de susciter un dialogue national rénovateur. Entretemps, tous les indicateurs humanitaires et de pauvreté continuent à se désagréger.

Préalable à la crise actuelle, l’inflation impactait déjà négativement sur l’économie en général et sur les conditions de vie des plus vulnérables d’Haïti, tant en milieu urbain que rural. À 17% en 2019, le pouvoir d’achat des citoyens a diminué d’environ un tiers au cours des 2 dernières années. Couplé au déclin vertigineux de la monnaie nationale, cet impact est catastrophique dans un pays où le PIB par habitant oscille entre US$ 700 et US$ 800 au cours des trois dernières années.

Toutefois, il demeure infime par rapport à la dévastation des dernières semaines et des derniers mois. Selon une évaluation de l’ONG ACTED tous les produits du département du Sud ont vu leurs prix augmenter en moyenne de 78% depuis le 26 août et les produits alimentaires importés, notamment le riz, la farine de blé, le maïs, l’huile et le sucre, disponibles sur le marché central des Cayes, mais en faible quantité, ont augmenté en moyenne de 85%. De plus, les reportages des médias locaux sur les horreurs indicibles commises sur les routes et même dans les hôpitaux, témoignent du caractère particulièrement chaotique de la situation.

L’inhumanité récurrente de la crise est insoutenable et injuste ! CE PROBLEME DOIT ETRE RESOLU… URGEMMENT !

Les organisations humanitaires et de développement doivent faire entendre les voix des personnes qui souffrent. Il faut insérer leurs revendications dans les multiples propositions en cours. Dans l’immédiat, les appels en faveur de l’ouverture de corridors humanitaires doivent être écoutés et des mesures prises en conséquence afin d’éviter davantage de souffrances dans les secteurs de la santé et de la sécurité alimentaire. Des pertes de vies, inutiles, peuvent et doivent être évitées à tout prix. Là, il ne s’agit pas de dialogue mais plutôt de l’inviolabilité de la vie humaine !

À moyen et à long termes, les organisations de la société civile doivent participer massivement à tout dialogue éventuel, même résultant de la cacophonie des propositions actuelles. Leur proximité, avec les problèmes et en particulier avec les personnes les plus touchées, sera déterminante pour l’élaboration de plans viables et réalistes. L’accent doit être mis sur les « leçons apprises » afin d’éviter les pièges des exercices participatifs similaires du passé. Compte tenu de la tension inhérente à tout processus de dialogue, les dirigeants politiques et civils devraient s’assurer d’avoir toujours en mémoire cette phrase du prêtre et éducateur catholique français, Jean Marie Petit Claire, lorsqu’il déclarait que : « Le plus difficile dans l’art du dialogue, ce n’est pas de parler, c’est d’apprendre à écouter ».

La BIC de ce mois encourage tous les membres à continuer à fournir, malgré les difficultés, les services essentiels à la résilience des populations cibles. En outre, il est nécessaire d’œuvrer pour que les données collectées soient intégrées aux plans futurs. Elles constitueront un outil indispensable au développement d’une société plus progressiste.

Jean Claude O FIGNOLE Membre du Comité exécutif du CLIO / Président de l’ODEFCAGA Sources : http://alc-noticias.net/fr/2019/10/23/haiti-crisis-and-food-security-a-catch-22-situation/