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BIC DU 15/30 V.11 decembre 2018

mercredi 26 décembre 2018, par webmaster

La nouvelle de ce mois de décembre est le dépôt de la loi de Finances pour l’exercice 2018-2019, trois mois après le début de l’exercice fiscal commencé en octobre. Ce budget prévisionnel d’un montant de 172,8 milliards de gourdes, très attendu, tient compte de certaines priorités telles que l’organisation des élections pour un montant de 40 millions de dollars américains et la confection des cartes d’identification nationale. Des actions à volets sociaux se trouvent au centre de ce document. Ainsi, la santé, l’éducation, le commerce et l’agriculture sont priorisés pendant cette nouvelle année fiscale, selon le Ministre Ronald Décembre cité dans un article du Nouvelliste datant du 11 décembre 2018 (https://lenouvelliste.com/article/195866/depot-du-projet-de-budget-2018-2019-au-parlement).

Pour le secteur de la santé, il y a une légère hausse de l’allocation budgétaire par rapport à l’exercice fiscal 2017-2018 et celui du budget rectificatif voté en septembre. De 3,9%, le budget santé augmente à 7%, de ce pourcentage seulement 0.7% est destiné aux Biens et services, le reste est réparti entre les dépenses de personnel, d’infrastructures et autres rubriques administratives. Pour l’agriculture, l’allocation est de 6.8%, avec 0.1% destiné aux Biens et Services. L’éducation est légèrement mieux dotée avec 11% d’allocation budgétaire. Après des mois de tensions sociales, la société civile scrute plus que jamais les décisions politiques du gouvernement surtout celles devant démontrer une réelle prise en compte des besoins d’une population qui s’appauvrit chaque jour un peu plus face aux coûts élevés des services de base et de l’alimentation.

Selon l’économiste Kesner Pharel cité dans un article du Nouvelliste (https://lenouvelliste.com/article/189799/le-budget-2018-2019-passe-au-crible-par-kesner-pharel), ce budget est loin d’être un budget « social ». Les recettes et les dépenses prévues sont passées de 36 milliards de gourdes pour l’exercice 2010-2011 à 125 milliards de gourdes pour l’exercice 2018-2019. Un point intéressant de l’analyse de l’économiste est à relever : « Sur chaque 100 gourdes qui vont être dépensées dans le cadre du budget, les citoyens vont contribuer à hauteur de 70 gourdes » ; parallèlement les dons et l’appui budgétaire provenant de la communauté internationale diminuent progressivement. Ce qui implique que les citoyens et citoyennes haïtiennes assument plus de la moitié de cette augmentation de recettes domestiques. Au regard de la détérioration des conditions de vie de la société haïtienne, ces augmentations de recettes et de dépenses ne se traduisent visiblement pas par une amélioration du bien-être socio-économique de la population.